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Guyane : les Amérindiens réitèrent leurs revendications culturelles et foncières

Les autorités coutumières et les leaders amérindiens, réunis samedi et dimanche à Cayenne au rassemblement des peuples des six nations amérindiennes de Guyane, ont lancé un appel pour exiger de la République française qu’elle réponde à leurs revendications foncières et culturelles.

Publié le  à 0 h 0

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Cette demande officielle a été réitérée lors de discours tenus à l’occasion des journées des peuples autochtones, organisées à Cayenne depuis cinq ans par le conseil régional.

Une dizaine de milliers d’Amérindiens vivent en Guyane, selon Anne-Marie Chambrier, chargée de mission langues et autochtones au conseil régional.

"Le 9 août est un jour important. Ce n’est pas seulement un jour festif, mais la journée où tous les Amérindiens se retrouvent, où nous débattons des problèmes que nous rencontrons et surtout d’un problème qui nous concerne tous : c’est ledroit à la terre. Nous devons nous réapproprier notre terre en nous unissant quelles que soient nos différences", a expliqué Bénédicte Fjéké, chef coutumier du village Terre Rouge à Saint-Laurent du Maroni et conseillère municipale à Saint-Laurent du Maroni.

"Le foncier, c’est déjà le combat que nos anciens avaient commencé en 1984. Trente-et-un ans après, ce sont exactement les mêmes problématiques. Ce n’est pas normal. L’État possède 95 % du foncier. Nous, nous n’avons rien du tout. Il faut former des actions", a déclaré Jean-Philippe Chambrier, coordinateur général de la fédération des organisations autochtones de Guyane.

"Alors qu’une majorité d’États ont refondé leur législation, la France s’attache à la vision primaire coloniale. Nous n’avons qu’un droit d’usufruit, c’est inadmissible", a reproché Vincent Louis, chef coutumier du village Pierre de Saint-Laurent du Maroni.

Le 9 août a été déclaré journée internationale des peuples autochtones en 1994 par l’ONU. Elle est célébrée par soixante-dix pays, mais les gouvernements français successifs ont refusé de la reconnaître.

Au nom de "l’indivisibilité" de la nation, la France refuse également de ratifier la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones de 2007, ainsi que la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail de 1989. Ce texte est le seul instrument juridique international contraignant en faveur des peuples autochtones.

Le 27 août 2010, lors de la 77e session du comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations unies, la France avait été invitée à "permettre une reconnaissance de droits collectifs aux peuples autochtones, surtout en matière de droit à la propriété" et à ratifier la Convention 169 de l’OIT.

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